L'usine Goux à Coudun est en liquidation. Elle traitait des fûts métalliques ayant contenu des produits toxiques. Ses 63 salariés ont reçu la semaine dernière leur lettre de licenciement et un liquidateur a été nommé. Durant les derniers mois de son activité, l'usine a accumulé les fûts non traités et leurs résidus toxiques. Un arrêté préfectoral de 1994 sur la gestion de ce site n'a jamais été respecté, au point qu'un second a dû être émis l'année dernière, avec mise en demeure.
Non seulement l'entreprise n'existe plus, mais, en plus, le site abandonné est vraisemblablement pollué, menaçant les nappes phréatiques.
Devant cette situation, certains politiques locaux se sont cru autorisés, durant cette période électorale, à utiliser cet événement et la douleur des 63 salariés pour se faire valoir à peu de frais d'actions dont ils ne sont pas à l'origine. Car ce sont bien les services du Conseil régional qui travaillent depuis des semaines à trouver une solution industrielle, sans que Patrice Carvalho n'y soit pour rien (rappelons que Patrice Carvalho n'est pas vice-président du Conseil régional) ; et les services déconcentrés de l'Etat qui travaillent depuis des semaines à trouver des solutions du point de vue social, sans que le courrier de François-Michel Gonnot n'y soit non plus pour rien.
On a vu ces derniers jours ces deux candidats à la députation se battre par presse interposée pour tenter de s'imposer comme celui qui aurait fait le plus pour ces 63 salariés licenciés. Alors que l'un se vante d'avoir mobilisé le Conseil régional, l'autre se vante maintenant d'avoir quasiment trouvé un repreneur…
Patrice Carvalho se vante sur son blog d'avoir "mis en place avec Claude Gewerc, le Président du Conseil régional" une "réflexion sur la reconversion". Outre le fait que les services du Conseil régional n'ont pas attendu M. Carvalho, ni pour réfléchir, ni pour agir, cette assertion relève d'un pur et simple mensonge : Patrice Carvalho ne dirige pas les services du Conseil régional, et n'a, vérification faite, eu aucun contact avec Claude Gewerc. Sans doute frustré de ne pas être conseiller régional, Patrice Carvalho est coutumier du fait : déjà, à propos de la fermeture de Jacob Delafon (Noyon), il s'était attribué l'action de nos services ; déjà, à propos du projet de déviation de Chiry-Ourscamp, il avait inventé des engagements financiers de la Région sans même nous avertir. Cela relève de la basse manœuvre politicienne la plus éhontée.
Quant à François-Michel Gonnot, il a déjà osé se vanter d'avoir, tenez-vous bien, écrit à la préfecture : quelle acte fort, représentatif de l'efficacité du député sortant ! Le voici maintenant qui annonce (Le Parisien du 31 mai), comme si cela relevait de lui, que des "contacts ont été pris avec des entreprises étrangères susceptibles d'être intéressées". Là encore, renseignement pris, outre deux ou trois "manifestations d'intérêt" auprès du liquidateur, rien ne laisse à penser, comme il le sous-entend, qu'une de ces entreprises envisage de reprendre le site : ces entreprises sont en réalité plus intéressées par le site de Goux situé en région parisienne.
Cette attitude de MM. Gonnot et Carvalho est tout simplement intolérable : exploiter à des fins électoralistes le désarroi dans lequel se trouvent les 63 licenciés relève de la manipulation la plus cynique. Il est pourtant acquis qu'une étude de pollution (que le Conseil régional financera sans doute, sans que MM. Gonnot et Carvalho n'y soient pour rien) est indispensable pour évaluer le coût de la dépollution, et donc les possibilités de reprise du site. Ces promesses infondées, à quelques jours des législatives, sont bien la preuve que ces deux-là ne comptent rien changer à leur manière de faire de la politique.
Je sais qu'un nombre croissant d'électeurs ne croient plus un instant dans ces Dupond et Dupont, qui se battent, depuis 10 ans, à coup de "je dirais même plus", pour en réalité en faire toujours moins.
